Recommander

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Catégories

federalisme

Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 16:16

LA STERILISATION POLITIQUE DES FONTIONNAIRES : UNE CONDITION SINE QUA NON DE LA DEMOCRATIE

 

 

 

A l’approche de la grande mystification des élections régionales et de sa théâtralisation médiatique, une mise en garde s’impose quant au déni de démocratie dont nous sommes les victimes.

 

Notre société défend un système électoral qui crée la pire des situations : celle où les gens qui aiment le pouvoir l’obtiennent.

 

On ne devrait jamais donner le pouvoir à ceux qui le demandent : c’est trop dangereux. Et c’est d’autant plus imprudent quand il est confisqué par des fonctionnaires.

 

Le fonctionnaire est théoriquement au service de la société civile. Les citoyens ont droit à la neutralité du service public et doivent pouvoir compter sur l'impartialité de ses agents. Appliqué avec rigueur le principe de neutralité des fonctionnaires est appelé « stérilisation politique des agents publics » et est appliqué dans les véritables démocraties.

 

Aux Etats-Unis  depuis le Hatch Act de 1939, un fonctionnaire ne peut même pas être candidat. Ailleurs, un fonctionnaire élu doit présenter sa démission définitive. (Canada, Royaume-Uni, Allemagne…)

 

Toute manifestation politique de type partisan est interdite aux agents publics. Les statuts d’élu et de fonctionnaire sont incompatibles et le cumul des deux constitue un viol de la démocratie.

 

Celui qui vote le budget qui le rémunère devient juge et partie. Quel fonctionnaire voterait la réduction de la voilure de la fonction publique ?

 

Il faut briser ce mécanisme pervers pour notre démocratie et mettre fin à la mainmise des fonctionnaires sur les mandats électifs.

 

En l’absence de dispositions réglementaires ou législatives, il existe une solution : ne pas voter pour un candidat fonctionnaire, ne pas voter pour une liste qui présente des candidats fonctionnaires.

 

On n’est pas plus ou moins pour la démocratie : on est démocrate ou on ne l’est pas !

 

Les Fédéralistes de Bretagne sont des démocrates.

 

BreizhFed

Par BreizhFed - Publié dans : federalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 21:40

Il ne peut exister de grandes régions que si elles n'ont aucun pouvoir délibératif. De facto, une grande région est condamnée à être une région faible : c’est la condition de sa naissance.

Au cas contraire Paris prendrait le risque d'une opposition efficace, une imprudence qui n'existera jamais.

 

Paris veut des grandes régions apathiques.

La régionalisation n'est pas autre chose qu'un élément logistique de l'Etat central.

 

 Il faut toujours se méfier de ceux qui veulent faire le bonheur des gens malgré eux.

 

Au moment où on croit pouvoir débattre, la Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) annonce qu'à terme la France connaîtra 3500 communautés de communes au lieu des 36 000 actuelles, environ 140 communautés d'agglomération, et entre 400 et 500 pays....

 

C'est comme l'élection de Miss France: téléphonez pour dépenser un peu d'argent, les jeux sont faits d'avance.

 

Le DIACT a une culture d'hostilité envers la transparence, comme tous les organismes administratifs.

On retrouve la même opacité à l'INSEE avec le RIL qui est un répertoire d'informations localisées, précieux, mais inaccessible....

 

Priver le peuple de la connaissance et de l'information est une vieille pratique.

 

Jean-Robert Pitte, géographe et Président de Paris IV, explique bien pourquoi, en fait, le « pays » est une revanche de l'Etat jacobin, une machine de guerre contre les collectivités territoriales pour redonner la main à Paris...

Avouons qu'il nous est vendu de façon différente....

 

Le Comité Balladur envisagerait 15 régions..

Pourquoi pas 14 et pas 12, ou 8 ???

 

Et comment pourrait-il le savoir si nous avions notre mot à dire ?

 

Déjà Mitterrand ne voulait pas de grandes régions car, disait-il, vous allez me mettre face à des Ducs....

 

Tant que nous ne passons pas à un régime fédéral, rien de bon ne pourra être attendu.

 

Les intérêts sont contraires, souvent opposés.

 

Toutes ces manoeuvres sont sous-tendues par un rapport de forces.

 

L'intérêt général n'est qu'un masque qui cache toujours des intérêts particuliers.

 

L'intérêt local n'est jamais autre chose qu'un intérêt national délocalisé.

 

On devrait arrêter de perdre du temps sur l'aspect surfacique et nous préoccuper des réseaux et des flux. La nouvelle gouvernance n'est plus territoriale. La preuve nous en est fournie par le développement des quangos.

 

Quango est l'acronyme de Quasi Non-Governmental Organization. On assiste au développement des quangos et il est probable qu’on assistera aussi à la modification de ces organisations qui deviendront essentiellement des organisations issues de la société civile, et d’elle seule.

 

Il s'agit de gouvernance sans territoire, comme les Nation-Unies, le FMI, L'OMC, l'Unesco etc

Si on peut critiquer leurs méthodes et actions, on ne peut pas admettre que sur le principe organisationnel, l'idée est bonne. En fait, si c'était bien réalisé (pas à la botte de quelques uns) ce serait l'embryon d'un fédéralisme mondial, dont nous avons besoin.

 

Il y a longtemps que les multinationales ont compris l'importance des réseaux et le non-intérêt de la territorialité. Là encore, on verra surgir la critique de certaines firmes, mais on confond les pratiques avec les principes.

Ainsi dans l'économie du savoir, on a des compagnies qui exploitent des contenus, des ressources humaines et des idées et qui ne sont rattachées à aucun territoire précis. C'est ce que permet la révolution digitale...

 

Les quangos ne sont pas des Etats et certaines ont des budgets plus conséquents que des Etats.

 

L'a-territorialité n'est pas chose nouvelle. Le tourisme est né de ce principe quand les aristocrates britanniques oisifs ont commencé à se balader de pays en pays, vivant en réalité plus à l'extérieur de leur domaine que sur celui-ci et se préoccupant davantage de leurs loisirs que de la prospérité de leur patrimoine.

 

Certaines personnes privilégiées voyagent comme des diplomates, sans connaître de frontières et ne font pas la queue pour remplir des formalités.(c'est le cas des grands artistes internationaux, des grands financiers, des grands chercheurs etc etc)

Ils sont parfois pluri-domiciliés et ils se jouent des nationalités....

 

D'une certaine façon, l'évolution de la communication mondiale grâce aux NTIC tend à nous octroyer un avantage identique.

 

C'est à ce niveau que le fédéralisme doit s'organiser.

On réclame des Etats sans penser que le concept d'état devient obsolète.

 

Ce qu'on appelle la crise financière et économique n'est que le résultat d'un anachronisme.

On a 10 ans de retard.

Il y a 10 ans que nous sommes dans le XXI siècle en reproduisant les travers du XX°.

Osons passer, enfin, dans ce siècle nouveau et bâtissons-le.

 

Cette crise est comme un signe.

Il faudra bien revoir les notions de croissance, de répartition, de ressources naturelles, de gouvernement et de gouvernance.....

 

Toutes ces métamorphoses nécessaires sont liées

Décroissance et réorganisation spatiale, développement de la gouvernance en réseau,

prise en compte des flux, réappropriation des libertés.

 

Nous devons avoir le coeur et le visage de notre siècle.

 

Le sentiment d'appartenance est aujourd'hui partagé en dehors de l'espace de proximité.

Un Breton, ou un Occitan, peut se sentir proche d'un Bolivien, communiquer et partager un certain nombre d'actions avec lui. D'une certaine façon, il lui arrivera d'être plus proche de ce dernier que d'un voisin qu'il ne connaît pas et qui ne partage pas ses idées.

 

Le système de réseaux retisse des liens et l'avantage est qu'ils sont librement choisis, donc forts et solides.

Il modifie aussi l'échelle des valeurs.

 

Contrairement à ce qui a été dit sur la crise, il n'y a pas réellement de retour de l'Etat.

Il y a une gesticulation étatique, ce qui n'est pas la même chose.

On sait tous qu'il va falloir créer une organisation (un quango) en charge de règles.

En fait on en avait un , qui est resté silencieux : c'est le FMI.

Mais il est à la botte de certains états (Etats-Unis, la France aussi qui à elle-seule a autant de voix que tous les pays d'Afrique réunis...)

Ce n'est pas en tant que quango que le FMI est condamnable. C'est sa façon d'être organisé sans respect de la démocratie et c'est sa finalité réelle qui sont critiquables.

Le FMI se nourrit des prêts qu'il accorde (comme une banque). Il impose donc ses conditions, qui sont terribles, pour récupérer capital et intérêts....

 

Si par malheur on laissait faire le retour de l'Etat dans la crise, on irait au-devant de graves problèmes.

On a financé la dette des Etats-Unis; on va se trouver condamné à financer la remise en forme de son économie et sa mutation, qui est devenue nécessaire.

Le tout à nos frais et à nos dépens.


A nos dépens car la rupture économique qui va générer une rupture technologique va leur servir à rendre totalement obsolète tout ce qu'on fabrique.

 

Ford a déjà une génération de petites voitures (Focus, nouvelle Fiesta). Un développement massif sur ce segment de marché éliminera Renault et PSA. A elles seules, les Big Three américaines vont recevoir plus d’argent que tout le fonds stratégique d’investissement français .Et tout acquéreur d’une nouvelle Ford ou d’une Chevy recevra 1 000 euros.

 

Plus que jamais on a besoin d'organisations civiles mondiales, construites d'après le paradigme fédéraliste.

 

Si on rate le coche, on peut dire adieu à l'Europe qui, de plus en plus paupérisée, va assister à l'affrontement Etats-Unis/Asie et au surgissement de l'Inde comme arbitre.

 

On reste enfermé dans des combats du XIXème siècle sans saisir la mesure des mutations.

 

Ici ou là, on n’hésite pas à faire du Darwinisme régional:  n'auraient le droit d'exister que les régions dites historiques...

 

Etrangement, c'est ce que Lénine, et après lui Staline, acceptait dans le fait régional. Si la Mayenne n'a pas un grand poids historique, c'est alors qu'elle serait quasi inexistante….

 

Et c'est là l'erreur qui est plus qu'une erreur, car ces gens là ont une histoire..

Ils ne sont pas là  ex-nihilo....

 

Le devoir de tout fédéraliste est précisément de ne pas faire de différence entre des régions qui auraient une histoire et d'autres qui ne seraient que des no-man's land...

 

On ne s'attache pas à la région, mais à la personne.

 

On a tous une ou des histoires....

 

Sur l'histoire :

 

Un ancien avait un bateau avec lequel il pêchait.

Chaque fois que son embarcation heurtait un récif, il la réparait

en changeant une pièce de bois.

Un jour l'homme trépassa et son fils hérita du bateau.

Chaque fois que le fils heurtait un rocher ou endommageait son bateau

il procédait comme son père...

 

Il arriva un jour où le bateau de l'ancêtre n'en avait plus que la forme. Tout avait été refait.

 

Rien, dans la matière, dans le fond, n'appartenait plus à l'embarcation d'origine,  sauf l'illusion.

 

C'est ce que la psychologie sociale démontre à propos non seulement des biens mais aussi de la culture et des langues.

 

Le lien avec l'acte fondateur est ténu, voire impossible.

Ceci démontre que ce qui est important est ce qui doit advenir et non ce qui a été.

 

On pourrait tenter une schématisation rapide : c'est précisément ce qui sépare l'Ancien Testament du Nouveau.

 

L'histoire n'est jamais autre chose qu'un questionnement.

Elle n'existe pas.

Ce qui a été n'est plus.

C'est grammatical.

 

Qui aurait l’idée saugrenue de dire que la Louisiane, ayant été française, doit revenir à la France et que la Californie doit redevenir mexicaine ?

 

L'idée qu'on se fait de l’histoire dans un présent qui est autre, est autre chose que l’histoire elle-même.

 

Quand, entre deux contemporains, les événements ne sont pas saisis de la même façon, que dire quand ils viennent du passé ?

 

Trois témoins d'une même scène racontent des versions différentes...

La police connaît ça...

 

La seule leçon à tirer est que nous devons prendre des précautions et surtout, nous méfier des certitudes.

 

Calderon de la Barca disait que La vida es Sueño  (La vie est un rêve)

 

Regardons en arrière: et si ce que nous avons vécu n'était qu'une illusion juste là pour révéler ce que nous étions...

 

Aujourd'hui, c'est aujourd'hui et le commerce d'hier n'existe plus.

 

La vérité attend toujours la fin ultime et on peut se demander si elle appartient au monde des vivants.

Ce monde reste un monde du spectacle, idée chère à Guy Debord : les hommes sont sans cesse en représentation.

 

La Bretagne reste à construire.

Se contenter du passé, voire y faire référence, est délétère.

Tout commence aujourd’hui.

Par BreizhFed - Publié dans : federalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 08:57
Petite région, grande ville
 
 
Ils ont dit :
 
Général de Gaulle : « L’effort multiséculaire de centralisation qui fut longtemps nécessaire à notre pays ne s’impose plus ».
 
Valéry Giscard d’Estaing : « Un puissant mouvement de décentralisation est nécessaire, qui transfère à des collectivités locales revigorées et dotées de ressources financières appropriées, des attributions retenues par l’Etat central ».
 
François Mitterrand : « La France a eu besoin d’un gouvernement fort et centralisé pour se faire. Elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire ».
 
Jacques Chirac est resté silencieux.

Nicolas Sarkozy a commencé à entreprendre la déconstruction des lois de 1982-1983 dites loi Deferre et des lois 2003-2004 dites lois Raffarin, pourtant très timorées. La concentration de pouvoirs entre les mains du Préfet de région signe bien la fin du processus engagé.
 
Cette décentralisation, ou régionalisation, n’a jamais signifié une érosion de l’Etat central mais un réétalonnage en forme d’adaptation aux nouvelles échelles spatiales de régulation socio-économique et politique.
 
Il s’agit en réalité d’une régionalisation confisquée par des agents inféodés au régime central. Tous les présidents de régionaux appartiennent à des partis politiques nationaux auxquels ils sont soumis et desquels ils obtiennent leur promotion.
 
Pour information, le président du Pays Basque, Juan José Ibarretxe est membre du Parti nationaliste basque (PNV).
 
L’absence de pouvoir normatif et de pouvoir financier et fiscal révèle la véritable intention de l’Etat qui n’est pas autre chose que le maintien d’un lien de subordination. C’est d’autant plus regrettable que l’intervention de l’Etat au plan fiscal par des mécanismes de compensation aboutit à une illisibilité totale, à une complexité croissante et à une dilution de la responsabilité.
 
On notera cependant que le changement d’échelle concerne moins les régions que certaines villes à prétention métropolitaine devenant l’objet de toutes les priorités et de toutes les attentions.
 
Sur une radio périphérique, Daniel Delaveau, candidat PS à Rennes n’hésitait pas à évoquer un Rennes-Grande couronne, englobant 220 communes et plus de 700 000 habitants….
 
La grande ville est devenue le lieu par excellence de l’accumulation et de la re-production économique.
 
Comme le souligne Neil Brenner, dans New States Spaces. Urban Governance and the Rescaling of Statehood, un tissu social qui se délite, un milieu environnemental dégradé, ne sont plus, en soi, des problèmes. Il s’agit d’obstacles à la compétitivité des métropoles en raison des risques qu’ils font courir (émeutes, pollutions). Il ajoute qu’il ne s’agit pas de les faire disparaître, il faudrait alors s’attaquer à leur origine qui est précisément le régime d’accumulation ; il faut seulement en contrôler le niveau et l’intensité.
 
Le mouvement de décentralisation déclenché en 1982 s’est accompagné d’un mouvement inverse dans les lieux-mêmes auxquels il s’adressait. On assiste à une concentration excessive dans des villes qui ne veulent plus être désignées uniquement comme telles et qui signent leur ambition par des appellations qui utilisent le mode de représentation, souvent éloigné du réel : Nantes devient une métropole européenne, Rennes est une capitale métropole….
 
La notion de métropole laisse rêveur quand on sait que la logique de structuration des aires urbaines a principalement obéi à des considérations fiscales, dont la mutualisation de la taxe professionnelle. On n’est pas certain que la figure géographique de ce processus de structuration serait identique s’il s’appuyait sur la mutualisation de la fiscalité sur les ménages.
 
Il existe une différence entre une commune riche, parce qu’elle dispose d’une base de taxe professionnelle consistante, et une commune de riches, qui abrite des ménages au revenu médian élevé.
A quelques exceptions près, les communes périurbaines sont à la fois des communes pauvres, faiblement dotées en taxe professionnelle, et des communes de pauvres, les ménages ayant un revenu médian inférieur à celui de l’agglomération principale.
 
Les communes qui ont marchandé leurs libertés l’ont fait contre un parrainage illusoire aux conséquences incertaines.
 
La multiplication des EPCI (établissement public de coopération - La création d’un E.P.C.I. emporte dessaisissement immédiat et total des communes pour les compétences transférées) va dans le sens contraire de la modernité qui privilégie la réduction drastique du nombre d’agences. La démarche cumulative est productrice d’effets pervers.
 
Ce phénomène de concentration et d’abandon d’autonomie communale s’oppose aux pratiques fédéralistes car il ne s’agit pas de subsidiarité. Le principe de subsidiarité est un principe d’équilibre et de régulation qui vise à maintenir actives et vivantes les initiatives de la base, en s’opposant aux ambitions d’un sommet qui a tendance à vouloir les étouffer.
 
 
Petite région, grande ville, citoyen introuvable.
 
Cette course à la grande taille, comme si le critère de la taille était pertinent, va engendrer des conséquences malheureuses. On évoque des grandes régions, à dimension européenne, sans expliquer d’où vient cette idée saugrenue. La Sarre couvre une superficie de 2 570 km², Brême 404 km², la principauté des Asturies, 10 604 km², quand la Bretagne B4 compte 27 708 km².
 
Est-il raisonnable qu’une ville cherche à avoir un nombre toujours croissant d’habitants pour simplement obtenir de l’Etat une plus grande DGF ?
 
Rennes accueille 60 000 étudiants. Ce sera sans doute mieux encore le jour où elle en hébergera 100 000 puis 200 000, pourquoi pas ?
L'Université de Californie à San Diego (communément appelé UCSD) est considérée comme une des meilleures universités au monde et a été classée 14e mondiale en 2007 par l'Université Jiao Tong de Shanghai. Rennes est bien loin….. L’UCSD n’accueille que 26 000 étudiants…
Cette propension à la grandeur, alimentée par la rivalité imbécile avec la ville de Nantes ne profite à personne. Avoir une rocade aussi embouteillée aux heures de pointe que le périphérique parisien n’est pas un signe de progrès. En revanche cette propriété de se rendre semblable aux pratiques parisiennes mériterait une analyse.
 
Le positionnement de Rennes et de Nantes en Europe ne dépend pas de leurs tailles respectives, mais de leurs énergies et de leurs capacités d’innovation.
 
 
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
                                                                                                                                                  Jean de La Fontaine
 
 
Par BreizhFed - Publié dans : federalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 21:41
Dans le fédéralisme, la référence au personnalisme est toujours sympathique.
 
Elle est cependant philosophiquement dépassée.
Paul Ricoeur a déjà travaillé sur un au-delà du personnalisme, mais avant lui Maurice Blondel avant fait une mise en garde, à l'endroit de Mounier et de Marc.
 
Penser que la personne est davantage que l'individu est séduisant mais insuffisant.
Pas plus que l'individu, la personne n'est achevée.
Elle est inachevée, toujours en construction, et malgré toutes les régressions possibles, elle tend vers un dépassement d'elle-même : un devoir être, sans que l’étant soit un jour effectué, l’être demeurant en devenir permanent, se construisant et se déconstruisant, la déconstruction étant une des modalités de la construction, et pas la moindre.
 
Une vie ne se mesure pas à l’aune d’une carrière ou d’une famille élevée. Ce serait subordonner l’action à la catégorie de l’utile, ce qui réduit la personne à sa simple fonction vitale. Cette perspective n’établit aucune distinction entre l’homme et l’animal.
 
Ce qui fait défaut à cette catégorie de l’utile, c’est la faculté de rupture et d’opposition.
 
Ce qui pose l’homme comme être singulier dans le monde animal est la dimension verticale, cette verticalité en tant que possible d’approfondissements, qui est aussi la quantité indélébile du présent véritable.
 
Il ne s’agit pas de l’intelligence cérébrale qui permet de résoudre une équation. Elle relève autant de l’horizontalité. Les castors sont des animaux architectes et ingénieurs. Il ne s’agit pas non plus de l’accumulation des savoirs. Il s’agit plutôt de la connaissance qui est un savoir interprété, réfléchi, questionné. On pourrait dire qu’il s’agit d’épistémologie, mais le terme est en retrait.
 
Quand le personnalisme évoque la personne, il la borde et la limite.
 
La personne humaine, avec son autonomie, n'existe qu'insérée dans le dessein d'ensemble des êtres.
Une philosophie qui place l'individu au centre de tout procède d'un esprit d'abstraction qui substitue aux relations concrètes des personnes singulières des rapports abstraits d'entités prises pour des absolus réels.
 
La personne n'est pas une monade repliée sur elle-même et ne dépendant que d'elle-même.
 
"  Aussi la personne ne surgit dans l'individu, elle ne se constitue qu'en s'assignant une fin extra-personnelle, c'est-à-dire en s'étendant à d'autres lui-même comme poour les ramener à soi. Grande vérité, devinée par le sentiment populaire. L'homme ne se suffit pas : il faut qu'il agisse pour les autres, avec les autres, par les autres. On ne peut arranger pour soi-seul les affaires de sa propre vie. Nos existences sont tellement liées qu'il est impossible de concevoir une seule action qui ne s'élargisse en ondulations infinies, bien au-delà du but qu'elle semblait viser " M. Blondel in L'Action.
 
La dignité de la personne ne se niche pas dans sa personnalité.
 
Il s'agit bien de dénoncer le caractère petit-bourgeois des auteurs du personnalisme qu'on retrouve dans le fédéralisme intégral quand il n'est pas nuancé.
 
Le centre de la vie sociale se trouve dans les droits et l'inviolabilité des personnes, de TOUTES les personnes.
 
Traduit en terme politique, la Constitution des Etats-Unis dit exactement la même chose.
Etrangement, nous sommes encore au stade de la glose quand il y a déjà deux cents ans que la pratique existe.
 
S'enfermer dans un moi individuel, ma personne, c'est jouer à l'enfant.  Dépendant en tout des autres, l'enfant vit dans un égocentrisme spontané.
 
Remplaçons les parents par l'Etat, et nous assistons au même comportement affligeant, immature. Bien que percevant des pensions supérieures au niveau moyen des salaires des actifs du secteur privé, les employés des régimes spéciaux et les fonctionnaires manifestent pour avoir toujours plus.
 
Toutes ces personnes sont restées au stade de l'enfance sans jamais avoir été éveillées et confrontées aux autres et découvert qu'elles n'étaient pas seules et qu’elles étaient rémunérées par prélèvement sur le travail et la sueur d’hommes et de femmes dont elles ruinaient toute espérance. Elles ignorent la vie et les affres qui affligent tous les êtres enserrés sous les contraintes des marchés, de la concurrence et, désormais, de la globalisation des échanges. Travailler ne signifie pas effectuer une tâche et être payé en retour. Travailler, de tripalium, instrument de torture, c’est se lever le matin et ne pas savoir ce qu’on aura gagné quand le jour va se fermer. C’est en ce sens que c’est un supplice.
 
Combien d’esclaves affranchis, soudainement effrayés par leur liberté, sont retournés offrir leurs services à leurs anciens maîtres ?
 
A mesure que s'éveille sa raison, l'enfant se décentre de lui-même et prend sa place dans un ensemble.
 
30 % des Français, le secteur public et spécial, ont cette raison bloquée au niveau infantile et sont installés dans l'illusion de l'égoïsme orgueilleux qui se croit naïvement au centre de tout.
 
Penser que le fédéralisme puisse naître d'une conscience morale est absurde.
Et c'est penser indéfiniment car il faudra attendre longtemps.
Le fédéralisme ne demande pas l'amour des autres, il ne milite pas pour un mariage entre communautés.
 
Il surgit et s'installe à l'épreuve de la raison et/ou de la nécessité.
 
Celle-ci, souvent économique, se décline aussi d'après d'autres valeurs à défendre et à promouvoir qui peuvent être culturelles et sociétales. Le principe de subsidiarité ne relève d’aucune éthique. Il traduit un niveau élevé de pragmatisme et de conscience des limites propres à toute communauté.
 
Le fédéralisme ne se réalisera pas en s’inspirant de valeurs spirituelles.  En ce sens l’Amérique actuelle ne peut être un modèle pour l’Europe. Mounier, Marc, Maritain sont trop épris de leurs pensées christiques pour servir de référence intellectuelle et leur asservissement aux encycliques et autres bulles constitue un véritable repoussoir pour une grande partie de la population européenne. Le fédéralisme se nourrit de la laïcité et tient en ignorance les messalisants ne serait-ce que parce que la pensée sociale démocrate-chrétienne n’est jamais en dehors de soupçons justifiés. C’est une pensée de concordat.
 
Pas plus que l'homme ne peut se réaliser qu'en se remettant à plus que lui-même, nos régions ne pourront se réaliser sans se remettre à plus qu'elles-mêmes.
 
La question posée est avec qui, car nous restons libres de nos choix et de nos décisions.
 
BreizhFed
 
Par BreizhFed - Publié dans : federalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 18:11
L’injustice de proximité
 
 
 
Le projet gouvernemental de réforme de la carte judiciaire suscite des émotions assez surprenantes.
 
La première d’entre elles est celle des avocats qui sont marris d’être soudainement dans la même situation que des employés à qui on apprend que leur entreprise va se délocaliser. On comprend mieux pourquoi le libéralisme de la profession est suspect.
 
La seconde est celle du Président du Conseil régional qui s’émeut de la réponse apportée aujourd'hui qui « sans concertation ni étude d'impact n'est pas acceptable : une approche globale, intégrant les conséquences économiques et sociales des suppressions et transferts proposés sur le tissu local, devra être prise en compte ».
 
La troisième est celle de Madame Lebranchu qui citant une étude réalisée en 2000, nous apprend qu’elle avait montré deux choses : «  que le nombre de postes « récupérés » était infime au regard des traumatismes créés, que le premier travail doit être celui de l'organisation judiciaire parce qu'il est vrai qu'il y a beaucoup à faire ».
 
Au lieu de s’interroger sur la justice et ses pratiques, sa façon de dire le droit, au lieu de questionner sa légitimité, on réclame de la proximité, en n’y voyant, pour une fois, que des vertus. C’est oublier que la proximité n’est pas exclusivement spatiale : elle est aussi temporelle et humaine.
 
Une justice de proximité, c’est aussi une justice rendue par des proches, à l’extérieur de tout Palais qui privilégie une relation horizontale entre le citoyen et le juge.
 
On voit moins les avocats manifester dans la rue pour demander que l’on change de type de procédure et que l’on abandonne la procédure de type inquisitoire pour adopter la procédure accusatoire. Il en va pourtant des libertés individuelles.
 
Doit s’étonner que nos concitoyens n’aient pas confiance dans la justice ?
 
Où sont ces voix pour exiger que la justice ne soit plus une autorité judiciaire, soumise à l’exécutif, mais un pouvoir judiciaire indépendant ?
 
Que peut signifier une proximité quand elle est vide de légitimité ?
 
Une justice rendue au nom du peuple ne tient sa légitimité que de lui, et de lui seul. Dans une démocratie, le juge doit être élu et c’est son mandat électif qui établit sa légitimité et garantit son indépendance.
 
L’absence de pouvoir judiciaire indépendant ouvre la porte d’un pouvoir disciplinaire qui signe la fin du droit.
 
Il existe des proximités trompeuses et il n’est pas forcément souhaitable de voir le diable de plus près.
 
BreizhFed
 
Par BreizhFed - Publié dans : federalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés